HomeLa crise récente en Belgique et la question réligieusePagina 7

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que l’lEglise se reconciliera avec les idees modernes. De nobles
esprits, Tocqueville lui-même, se sont berces de cette cliimère.
_ Ils oublient non­seulernent les anathèmes des papes, mais j
même, ce qui est plus grave, les decisions des conciles, La g
liberte de conscience a toujours ete condamnee par l’Eglise
romaine qui a tant de fois reclame Pextirpation des heretiques
et qui, aujourd’hui encore, l’impose dans les concordats aux
gouvernements, toutes les fois que ceux­ci lui obeissent. (
Ecoutez Bossuet: ~ _
( « Je declare, dit­il, que je suis et que j’ai toujours été du sentiment, pre#
mièrement que les princes peuvent contraindre par des lois penales tous les · i
hérétiques à se conformer à la profession et aux pratiques de l’Eglise catholi­
que ; deuxiemement, que cette doctrine doit passer pourconstante dans l’Eglise,
, qui, n0n­seulen1ent a suivi, mais encore demande de semblables ordonnanees .
des princes. En etablissant ces maximes comme constantes et incontestables
parmi les catholiques, etc. » (1)
(t) Lettre du 12 nov. 1700 dans le debat avec Yeveque de Montauban pour savoir
si ou devait contraindre les protestants à aller it la. messe. Bossuet pense que non,
par respect pour la messe,_ non pour la liberté de eonscience, qu’il n'a.dmet en aueune
facon. ll faut lire et mediter cette correspondance pour comprendre l’esprit du catho­
­ licisme. .
L’eveque de Montauban, repondant a Bossuet, resume ainsi la. doctrine eatholique :
_ ­ « O’est sur ces principes, etablis par une tradition constante de l’Eglise, que les
einpereurs chretiens ont toujours donne des lois tres sevères contre les hérétiques,
pour les obliger a se reunir êt l'Eglise catholiquc. On ne voit point 'que l’Eglise se
soit jamais plainte de la sevérite de ces lois; au contraire, nous avons prouvé
qu’elles avaicnt ete, pour la plupart, approuvées, demandées et sollicitèes par les
‘ ­ conciles. »
Voila ce quo dit un eveque, et il a raison. Le dogme de Fintolerance a été con-
sacrépar nombre de conciles, dont plusieurs oecuméniques. .
Un grand nombre de conciles particuliers, notainment celui d’Aquilée en 381, celui
A de Milan sous saint Amhroisc en 389, celui de Carthage en 400, celui de Milèvc
en 418, iinplorèrent la puissance civile, pour en finir avec les hérétiques. g
' Le troisicme concile d'Orlea.ns (538), le sixième de Tolèrle (838), celui de Tou-
louso (1119), preludèrent à. Yinquisition. ­·· Le pape Innocent III, les conciles de
_Toulouse (1229), d’Arles (1234), de Narbonne (1245), de Béziers (1246), d'Albi (1254), `
t achevèrent Yorganisation de cette terrible institution qui devint le pouvoir executif
_de1‘intolérance doginatique. Deux conciles meumémques ont ordonne Yexterinination ­
des heretiques en des paroles sanguinaires qui font frémir. 'Voyez le canon 3 du qua-
trieine concile de Latran (1216), qui fut oecunienique, sous le pontificat d'Inno­ i t
cent III :
« Q 3. ­- Si un seigneur temporel, requis et averti par l'Eglise, néglige de purger
son territoire de la peste heretique, qu’il soit charge des chaines de l`excommuniea­ -
_tion par le inetropolitain, et s’il neglige de donner satisfaction, qu’il en soit donne avis,
· pendant l'annee, au Souverain­Pontife, afin que celui­ci proclame les vassaux deser-
· mais relevés de leur üdélité et livre son territoire a Yoccupation des catholiques qui,