HomeLa crise récente en Belgique et la question réligieusePagina 6

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libéraux, pensent quo l’]Cglisc peut ct doit se reconcilier avec
l’esprit moderne, malgré los anathèmes du Syllabus, et ainsi ils
nient Vantagonisme qui fait notre difticulté et qui ne provient, .
d’après eux, que d’un malentendu; d’autres enfin, les libres­
penseurs et la plupart dos liberaux, s’imaginent que le catholi­
cisme a perdu sa puissance, qu’il est expirant et que Ylïtatpeut
s’organiser, sans sïnquiéter de sos résistances ou, s"il le faut,
_en les écrasant. (Jes trois groupes formant la grande majorité,
et cn Franco et en Belgique, il en résulte que la facon dont je
pose le problème ne rencontre guère que des contradic-
teurs. l
Pourtant, je pense que ces trois groupes se trompent et
i qu’ils meconnaissont les enseignements de l’histoire et des
. faits contemporains. Des trois, celui qui se trompe le moins, q ,
c’est, à mon avis, le parti ultramontain. Ifexperience prouve
qu’un pays completement sounjiis a Rome, peut jouir d’un
bonheur paisible et d’une _certaine liberté, a condition de
rester ei l’abri des idees modernes. On lo voit dans le Tyrol et
‘ au Canada. Seulement, cola suppose que l’héresie et la libre-
; ' pensée n’y pénètrent pas, ou en soient inexorablement expul­­
sees, ce qui devient difücile àune opoque amollie, qui recule
l devant l’inquisitiou. Si l’esprit moderne pénetre dans un '
pays bon catholique, c`est la quo la lutte contre l’Eglise sera la
plus apre, la plus persistante. On l’a vu à Rome depuis qua-
gä torze ans, et on peut l’observer en ce moment même en Belgi- " ‘
que, puisque c’est précisément cet antagonisme qui est la
. cause de la crise. Les eonservateurs et les gens religieux qui _
désirent en France le renversement de la Republique, dans
_ l’intérêt de la religion, sont singulièrement aveugles. Une '
monarchie restaurée devrait s’appuyer sur le clergé, et aus-
%; sitót on verrait reparaïtre contre celui­ci une hostilité encore i
bien plus violento aujourd’l1ui qu’a l’époque de la Restau-
ration. Le Trone s’appuyant sur l’Autel, ce serait l’Autel
qu’on attaquorait avec fureur afin d’ebranler lamonarcliie.
` Le catbolicisme serait attaqué avec bien plus d’apreté que
maintenant.
l Les catboliques libéraux se trompent quand ils slimaginent l ,
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