HomeLa crise récente en Belgique et la question réligieusePagina 26

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pays co.nstitul‘ionnel, quand le parti catliolique arrive aux
affaires, le pouvoir ifappartient plus au Parlement et au Roi, l
mais au Vatican. C’est le Pape qui gouverne par personnes
interposees. Faut­;il s’etonner qu’un pays libre se soulève ”
contre une semblable situation. "Croiteon que_la France, par
exemple, moins d’avoir ete saignee ii blanc, l’accepte jamais.
On saisit ici ce qui rend si difficile, dans les pays catholi- .
ques, Vetablissement definitif et le fonctionnement regulier des .
libertes modernes. Le liberalisme, au pouvoir ou dans l’oppo­
sition, combat l’Eglise qu’ilsait être l’ennemi, et, de cette façon,
il soulève une resistance indomptable que redoutaient même les
montagnards de la Revolution. Pour la vaincre, il est amene et
attaquer le catholicisme, à affaiblir le sentiment religieux, par ‘
suite la morale, et apreparer ainsi des luttesintestines et l’anar- .
chie, d’ou sort le despotisme. Si l’opinion catltolique conquiert
la majorite et les portefeuilles, on est conduit a la theocratie ;
alors les grandes villes s’agitent, la partie la plus ardente de la
nation se souleve et on derive vers une situation revolution-
naire.
Cette difticulte peut se resumer en deux lignes. Il est impos-
. sible de donner a un peuple des institutions en opposition avec
le genie de sa religion et combattues par les ministres de ce
culte. Les libertes modernes sont condamnees ex catlwdrá par q
. l’Eglise, comment les faire vivre malgre elle? (1)
(1) Quoiquo d`une façon moins aigue, la même difflculte existe en France. Je n`en ii
‘ ·· veux pour preuve que cette page écrite par M. John Lemoine dans le Journal des
Debats 2 · [
t « La theologie est au fond de toutes les questions. Si la presse a atteint en An- _
l glcterre le degre de liberte qui fait notre envie, si elle·est entree dans les mmurs `
l comme institution publique a l'egal du jury, c'est que l'Angleterre est protestante. Or, -
le protestintisme a pour principe lc libre examen, pour fonelement la discussion. Loin
l de regarder la discussion comme un mal, il est tenu de la considerer comme la source
l de la verite, comme l`origine de la lumiere. Lejury est également une institution na- _
E tionale et populaire chez les Anglais, parce que c'est l`exercice du droit individuel, du l
" droit dinterpretation a cote du texte. r
g » La France, au contraire, est catholique. On sait ce que nous pensons de ce pré-
A tendu catholicisme, et nous l`avons dit plus d'une fois. Le peuple français, dont la
5 ‘ grande majorite ne rcçoit, en matiere religieuse, qu'une education de troisieme ou qua­
i trieme categorie, est assez generalement partage entre fincredulite et la supersti­
tion. Il prend la religion de son arrondissement; il faeeepte toute faite, sans se don- ,
` ` ner la peine, ni même sans eprouver le besoin de Vexaminer. A ce compte, les jour- `