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même de leur programme, devenir sectaires, favoriser ou con-
· damner une religion, plutót qu’une autre. >> Peu de jours apres,
C M. Bara s’eoriait, dans un mouvement d’entrainante eloquence :
« Quel est le code du clerge? Ce sont les Encycliques et le Syl-
labus. Il n’a reçu que cet enseignement anti·constitutionnel
dans les grands et dans les petits seminaires. Qu’on ne dise pas
que ce code n’est qu’une règle religieuse; il contient la doc-
trine orthodoxe sur toutes les libertés, sur les droits et particu-
lièrement sur les devoirs du pouvoir civil à l’egard de la reli-
gion et de ses ministres, sur tout ce qui touche au gouverne-
_ _ ment temporel desbommes. Loin d’etre national, ce code est _
· l’antitbèse de notre Constitution, dont il condamne tous les "
principes les uns apres les autres: liberte des cultes, liberte
de la presse, liberte de l’enseignement, liberte d’association,
magistrature civile pour tous, gouvernement representalif,
« souverainete populaire, independance du pouvoir civil. »
M. Bara attaque le code des Encycliques et du Syllabus. Or, ‘
que sont ces documents, sinon le resume ou Yapplication dc
dogmes proclames par les papes et les conciles et que les
oatlioliques sont tenus d’accepter comme règle de loi. Comment _
donc M. Bara peut-il dire : << Sur quels dogmes les liberaux et
les catlioliques sont-ils en desaccord? » Evidemment ils le sont,
et absolument, sur les dogmes essentiels qui determinent la
constitution même de l’Etat et les bases de la sociéte civile.
‘ La contradiction palpable, qui eclate ainsi entre le programme
du liberalisme belge et ses actes s’est montree non moins
` visible dans la Revolution française, d’ou notre liberalisme est
C issu. Ni l’Assemblee constituante, ni la Convention, ni les plus
Lardents parmi les revolutionnaires n’ont voulu attaquer le p
catholioismeï ils voyaient olairement le peril de la lutte. lls ne
' poursuivaient que des reformes politiques et civiles: l’inde pen-
dance du pouvoir laique, l’egalite devantlaloi, toutesles libertes,
c’est­à­dire les principes consacres par la Constitution belge. ·
` Comme M. Bara, ils se defendaient é¤erg1quemeii·t et de tres
bonne foi de combattre les dogmes. ç _ _
· Au sein de la Constituante, lorsque dom Gerle propose de '
declarer le catbolicisme la religion de l’Etat, Mirabeau s’y
,