HomeLa crise récente en Belgique et la question réligieusePagina 12

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rite? Mais que m’importe tout cela après ma mort, puisque je ‘
V ne pourrai plus en jouir. (Jes idees peuvent entraïner un athee ·
i enthousiaste et naïf, forme par des religions ou des philoso-
phies spiritualistes ; mais parlez-en à un materialiste logique et ·
pratique, il haussera les epaules, et il aura raisonne juste. Dans
l’Ecclesiaste, celui qui ne croit pas en la vie à venir dit:
cc Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. Certainement
les vivants savent qu’ils mourront; mais les morts ne savent rien
et ne gagnent plus rien; leur mémoire est mise en oubli. C.’est .
pourquoij’ai prise la joie, parce qu’il n’yarien sous le soleil de
meilleur à l’homme que de manger, de boire Gt de se rejouir. »
Dans Horace, le disciple d’Epicure parle le même langage:
ii « Jouissons, goutons le plaisir, avant que viennent la vieillesse
et la mort. » . ' t
Il est facile de voir comment l’al‘faiblissement du sentiment
religieux, et, par suite, du sentiment moral, prepare la deca-
? dence. Si je puis m’enrichir en echappant a la loi penale, pour-
‘ quoi ne le ferai­je pas? Ifeclat des millions ne fait-il pas tout
ti pardonner? J e ne vois aucune bonne raison de m`ahstenir d’un P
abus de coniiance, d’un vol, s’il peut être à la fois impuni et
ti protitable. Mais l’honneur et la oonscience, les comptez­vous
pour rien ! ­- L’honneur est un sentiment qui a pris naissance
dans les societes chretiennes. En Chine, il n’existe pas. Faute de
base solide, il doit disparaitre partout dans les societes mate-
rialistes. Mettez d’un cote toutes les jouissances de la vie et de ·
l’autre l’honneur, c’est-à­dire le desir d’être considere, honore,
l’l1omme charnel n’hesitera pas: il choisira le premier lot. Si -
iï j’agis mal, dites­vous, une vie deshonoree me sera a charge.
Tout d’abord, à mesure que la morale se relache, la considera-
tion s’attache moins à la vertu -=- mot passe de mode, comme `
le disait recemment M. Pailleron avec une si poignante ironie;
‘ c’est l’argent qui devient le dieu et le grand pouvoir. En
changeant de pays, je secoue le deshonneur avec la poussière
` de mes souliers, et je trouverai ailleurs toutes les jouissances,
ï même celle de la consideration, si je suis assez ricbe pou.r
l’acheter. Le sensualist, qui ne sera plus dupe des mots, se
passera très bien de Pestime, pourvu qu’il ait le reste. ·
vki,I I