HomeLa crise récente en Belgique et la question réligieusePagina 11

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pourvu. Que deviendraient nos societes, qui reposent sur le i
respect du droit, si le sentiment du devoir et l’idee de la jus- Q
tice devaient disparaïtre E L’atheisme, devenu universel, cons-
cient, publiquement avoue et partout enseigne, ne nous ramê­
nerait-il pas inevitablement a la barbarie des temps prehisto­
riques? i
Quoi qu’on en hait dit, sans la religion la morale n’a plus de R
fondement, et, en tout cas, plus de prise sur .les ames pour s’en
faire obeir. La science positive, reduite al Fobservation mate- `
rielle, ne peut connaitre que ce qui est, non ce qui doit être `
dans le sens d’un ideal du bien obligatoirement poursuivi. ’ ‘·
C’est la une verite que M. Espinas a reconnue et tres clairement
exprimee dans un article de la Revue philosophiquc (oct. 1882) 4 p
’ sur les Etudes sociologiques: « Quand la science estarrivee sur L
un point à un etat de perfection relative, elle a pour objet non co Q
qui doit être, mais ce qui est. Elle se borne di clierclier la l`or~
mule du fait ou la loi. Elle s’etend à l’avenir et elle peut dire co l
qui sera ou ce qui doit être dans le sens de pure futuration L
mais elle est etrangère en elle­même à toute idee d’obligation i
ou de prescription imperative. iv
S’il n’existe pas, en deliors de la realite tangible, un ideal de jus~
tice et de bien, comment puis­je être tenu de m’y contormer et
même de m’y sacriüer? L’liomme n’est­il qu’un assemblage de
molecules d’oxygène, de oarbone et d’azote, comment ces
­ molecules peuvent­elles avoir des obligations inorales? Quel .
est le devoir de l’algue qui flotte, de la pierre qui tombe, du
vent qui soutfle, du lion qui devore la gazelle? Je comprends la mo-
rale independante de tel ou tel culte, mais non de l’idee de Dieu
et delïmmortalite del’áme. Sans ces deux notions, il n’ya aucun
4 motif raisonnable de ne pas poursuivre mon plaisir, même aux
depens d’autrui. Sans hesiter je sacrilierai les autres si j’y
trouve mon profit; muis me sacrilier pour eux ou pour une ·
chimêre, pour un mot, pourquoi? dans quel but? Si tout iinit
avec l’existence terrestre, quelle bonne raison me donnerez- _
vous pour que j’expose ma vie au service de la patrie ou de
Phumanite ‘? En la perdant, je perds tout; que m’offrirez-vous
en écliange z Vestime, la gloire, la 1·econnaissance de la poste·