HomeLa crise récente en Belgique et la question réligieusePagina 10

JPEG (Deze pagina), 0.96 MB

TIFF (Deze pagina), 7.94 MB

PDF (Volledig document), 28.12 MB

t* V L ii L
t
`
ä
E ‘ leur en donnoz pas tl’autre. Vous me répondrez peut­ètre avec
‘ Voltaire: « Je vous délivre d’une bete féroce et vous mc
l tlemandez par quoi je la remplace l » Mais cette reponse sup-
i pose que, d’après vous,, une nation peut vivre, prospérer,
li, demeurer libre, sans conserver de religion.
l C’est ici que le doute commence, mcme dans l’esprit de plus
d’un libéral. Les pluis intrepides, les plus extrèmes seuls
acceptent cette conséquence. Les autres reculent, et cependant
il n’y a point d’autre issue. Si vous iaites l’instruction lalque
et que le clergé l’accepte, comme dans les pays protestants,
le sentiment religieux sera respecté, conservé, cultivéméine,
' comme auparavant. Mais si le clergé condamne et combat
pi l’école laique, comme il le lait dans les pays catlioliques, l’ins­
truction deviendra anti­religieuse, et vous aboutirez a l’extré· F
inite que j’indiquais plus haut: un peuple sans loi etbientot sans
f culte.
Vous rencontrerez alors les avertissements des politiques les
t plus sagaoes, quivous diront, avec Tocqueville, qu’ilfaut·« qu’un
sê peuple croie ou qu’il serve >>, et aussi les enseignements de
l’histoire qui nous apprend que la ruine des anciennes croyan-
ces, non remplacées par un culte plus epuré, précède ou
N produit la décadence des empires. On l’a vu lors de la chute de
l’empire remain; on le voit aujourd’liui dans Vécroulement de
l’e1npire ottoman. ll n’est pas difticile d’en saisir la raison.
. La morale sans racines dans la croyancc en Dieu et en ,
Yinimortalite de Fame, le sentiment vague et ilottant du bien et
' du mal, sans aucune pratique pour réveiller en nous la cons-
cience de notre imperlection et Yaspiration vers un ideal du
Vrai et du Juste, en un mot, la nature liumaine livrée, dans un
l irrémédiable isolement, a ses instincts terrestres peut­elle mar- 4
l cher droit et accomplir ses liautes destinées? Sans doute, les
espèces anirnales, dirigées par l’instinct, subsistent et se per-
pétuent, en poursuivant la satisfaction de leurs appétits. Les
l sauvages viventà peu pres de la même iaçon, sans que les
` idees du devoir et cl’une autre vie exercent grande intluence sur
;_ leurs actions ; mais aussi leur existence est celle de la brute :
sans cesse ils sc disputeilt laproie etle plus fort est le niicux
ll`