HomeEssai critique et notes sur l'altération officielle des documents belges: le second livre blanc allemand (Aktenstücke zum KPagina 20

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i 18 LES POURPARLERS DIPLOMATIQUES i
dans une trompeuse confiance sur Pefficacité de ce
Jï mine.
Ainsi, iar sa forme même autant que par sa teneur,
la dépêclie-ultimatum du 2 aoüt I9I[|. révèle que
vraiment le traité de 1831-1839 ne gardait, dans l’esprit i
· du Gouvernement allemand, d’autre valeur, ni qu’il n’a
tenu, au moment décisif`, dans l'ordre de ses réoccu- l
pations, d’autre place, que « tout juste celijes d’un
chifïon de papier ». Et telle est bien, en efïet, l’expres- g
sion, si topique, qui vint comme naturellement sur les C
lèvres du Chancelier de l'Empire, lejour de la violation
de la frontière belge (li aoüt IQIA), lorsqu’il essaya
d’expli uer sa détermination à l’ambassadeur britan- I
nique,(Bir W. E. Goschen.
*16. Autre fait étrange : après s’être ainsi donné
licence de considérer, à son profit, ce traité de 1831-
1839, comme nul et non avenu, l’Allemagne a persisté Q
néanmoins à lui attribuer, à charge de la Belgique, la
valeur d’un lien permanent et obligatoire.
En efïet, à eine le traité allégrement déchiré comme V
simple << chilion de papier », l’Allemagne se livre J
contre la Belgique à un débordement extraordinaire t
d’insinuations, puis d’imputations de mauvaise f`oi, ·
puis de réoriminations indignées : on l’accuse de conni­
vence et de complot avec l’Angleterre et la France; on
rassemble contre elle toutes sortes de témoignages;
enfin, l’on annonce Ia grand fracas la découverte des
lpreuves d’un traité secret et d’une alliance militaire de `
B a Belgi ue avec la Triple Entente. ‘
Quoi (llonc? Et quelle est cette logique renversée ? ï
Si le Chancelier a dit vrai dans son entretien avec Sir
E. Goschen et si, pour l’Empire, le traité de neutralité ~
n’engendrait que des obligations violables ad nutum,
uel reproche la Belgique lpourrait­elle, en toute hypo-
llièse, avoir mérité, de a part de l’Allema_qne, à
supposer qu’elle eüt, elle aussi, pris conseil de ses
intérêts pour agir contre la foi jurée ?
L’Allemagne entendrait-elle, par hasard, que la Bel-
gique dàt être proclamée mainteuue dans les liens du
cont1·at vis­à­vis de l'Empire, tandis que l’Empire se