HomeEssai critique et notes sur l'altération officielle des documents belges: le second livre blanc allemand (Aktenstücke zum KPagina 19

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4 SECOND LIVRE BLANC ALLEMAND 17
‘ *15. Fait digne de remarque, cependant : il n’est pas
une seule circonstance de cette guerre ou le Gouver-
nement allemand ait montré qu'il eüt le moins du
monde ces graves obligations présentes à l’esprit. Pas
même allusion n’y est faite, par example, dans la
J dépêche du 2 aoüt IQIA, sommant la Belgique de livrer
passage aux troupes allemandes: dans ce document
1 capital n’apparaït nullement le souci ou seulement le
point de vue du << devoir allemand de garantie ». On
l' dirait que le rédacteur de la dépêche n’a `amais été
l effleuré par l’idée ue l’Empire s’était interdlit quelque
5 chose vis-à­vis deqla Belgique; qu’il n’était pas libre
Y d’en agir avec elle comme avec n'importe quel autre
{ Etat, parce que l’Allemagne n’était pas seulement unie
ë à la Belgique par de ces banaux rapports de voisinage
l fondés uniquement sur la contingence de la bonne
Q entente et dans lesquels est toujours réservé, pour
chacun, le droit souverain de recourir à l'uZtima ratio
des armes, en cas de dissentiment grave.
On eüt pu comprendre, à la rigueur, que le premier
ti contact de l'Allemagne avec la Belgique au sujet des
graves événements qui se préparaient prït la forme
[ ’une offre de secours ou de concours. C’eüt été, du
‘ moins, logique. En fait, ce premier contact a pris la
¥ forme d’un ultimatum, c'est­à­dire qu’il fut, au lieu
d’un acte d’amitié et de garantie, un acte virtuel d’hos-
’ tilité. Dans sa sommation du 2 aoüt igxli, l’Allemagne
ne traita 'pas la Belgique autrement qu’elle eüt traité le
Q premier Etat venu : elle la prit pour sujet d’application
de << son droit souverain de faire la guerre ». Les
choses s’y passerent tout à fait comme s’il n’y avait
` pas eu entre les deux pays un contrat de neutralité
; permanente imposée et garantie, interdisant à l’Empire
` d’impliquer jamais la Belgique dans ses entreprises
‘ = politiques ni ses opérations militaires. Par pur intérêt
stratégique, sans plus, l’Allemagne déchaïna les hor-
reurs de la guerre sur une paisible et innocente na-
tion, qu’elle­même avait contribué a afïaiblir à son
profit en lui imposant par traité la neutralité il y a
trois quarts de siècle et en Ventretenant, depuis lors,
93. uvxuz nmmc ALLEMAND 2
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