HomeL' orientation nouvelle du mouvement FlamandPagina 21

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E Ils soulïrent avec la Belgique et pour elle: dans leur corps parl’occu­
. pation, dans leur àme par l’oppression. Ils souffrent plus encore que les _
ë` autres Belges, parce qu’ils sentent incompris, de tant de leurs compatriotes,
i leurs nobles efforts pour Vemancipation intellectuelle des populations
` Hamandes dans une Belgique libre; et parce que, au grand dommage de
~ la patrie commune et de leur propre cause, ils voient ces efforts exploites
` par Vennemi de leur peuple et par quelques esprits etroits.
_ Ils soutïrent, ils patientent, ils attendent, jusqu’à ce que revienne leur
_ roi, qui connaït leur tidelité; jusqu’à,ce que soit rentre le gouvernement,
. qui n’ignore pas leurs besoins; jusqu’à ce que leur pays soit entièrement
j t _ libere. Car ils puisent, en eux­mêmes et en la justice de leur cause, une
g confiance suff1sante pour s'assurer, avec le concours fraternel des Wallons,
F " M dans les chambres legislatives, ­­ qui,somme toute, sont les executrices
l · de la volonté du peuple, - la solution des problèmes amassés avant
_ `_ et pendant la guerre. ,
L , ·lls ont confiance dans la mentalite nouvelle de leurs compatriotes; ils "
_ savent que ceux­ci ont compris maintenant le principe d’une nation.
Q " Pour former une nation_ pas n°est besoin de couler tous les individus
C ' f dans le même moule; les Belges d’aujourd`hui ont conscience d’être
T F i une nation, par le fait même que la volonté unanime des Flamands et
` I ‘ des Wallons est d’en former une. La tendance à l’uniformité et à l'unite j
_ ; ' linguistique leurt parait inutile et inconciliable avec la diversité de race,
L - Q de caractère, de moeurs et de conception de vie; diversité respectable,
I ' ’ puisqu’elle constitue un précieux avantage pour la communaute. N'est­ce
' pas, en effet, une loi eprouvee de l’histoire, que les peuples des marches,
' ;Z« les peuples vivant sur les confins de deux civilisations, sont doues de
_ ,_ facultés plus fecondes; et que le developpement intellectuel et la vie
A ` propre de ces groupements limitrophes, - chacun selon le genie de la
Y langue incarnée dans les fibres de son coeur et dans les cellules de son
L cerveau, - sont, au capital spirituel commun, des facteurs, non de desa-
; J gregation, mais de consolidation.
'· 1 Ils n’entendent donc rien au mouvement flamand, ceux qui voient en
; · lui une lutte entre Flamands et Wallons ou, qui pis est, une lutte des
r·” ‘ Flamands contre l’etat belge.
_ ,` De même, ceux qui le représentent comme une manifestation de haine -
Q _ des Hamingants contre la France et contre tout ce qui est français, se
; j , trompent eux­mêmes et trompent autrui.
' ` Depuis longtemps déjà, nous estimons et prisons à sa valeur la France, ·
E ~ _ ia perspicacite de l`esprit français, la puissance de sa syntbèse scientiüque,
_ , ·ï _, sa clarte et sa pénétration en littérature, la fraicheur et la sincérite de
E " ses beaux­arts, sa discipline et son style. caracteristiques sans lesquelles
5 _/ Le toute vraie civilisation. est impossible. Nous trouvons séduisante entre
3 ­ g toutes, la langue française pour peu qu’on la parle sans trop d'accent belge.
S f r` Nous voyons dans la France, la patrie de l’1déal1sme, des grands elans `
genereux, le 'pays qui sait se battre pour un ideal, pour la délivrance
t ~ . d’un tombeau sacre, pour la liberté de la pensee, le pays des St, Louis,
_ · des Bayard, des Jeanne d'Arc. Nous' admirons ardemment la France.
Q malgre ses ·chutes lamentables, parce que, toujours, elle les racheta par
r de sx magnifiques retours. La voici encore,_ qui, brisant les entraves de
E ' ,ses _querelles politiques, nous donne, à nous Belges, des exemples
E r F E d'un1on et de courage, Sl. prodigieux, qu'ils atteignent ce que les Français _
E T appellent"d’une expression bien à eux et intraduisible: les divines
_ . folies du sacrifice. _