HomeL' orientation nouvelle du mouvement FlamandPagina 19

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demeure est tout pareil à celui, qui inspire les pensées et les actes qui
sont les nótres actuellement? Ce n’est pas là l’esprit ni d’une période, ni
_ d'une génération; c°est l’esprit d’un peuple; l’esprit qui reste toujours -
conforme à soi~même et qui peut être, pendant quelque temps, opprimé,
B mais qui se renouvelle continuellement. .
Ainsi, revit notre tradition; ainsi, se rénove­t­elle en nous. Ainsi, les
ä milliers de Belges, qui subissent actuellement un courageux martyre pour
l le droit et la liberté, enrichissent Vhéritage de magnanimité, qui nous donne
à tous l’audace et la volonté d'atteindre à la même grandeur morale.
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i Ce sont là des idées bien abstraites. Cependant je n`hésite pas à en
Q . entretenir ~les Belges. Cette guerre, avec tout ce qu’elle a imposé de
£ vicissitudes et de soulïrances à nos coeurs, nous adélivrés pour toujours
l du positivisme de la génération qui nous a devancés. De nouveau, nous
f · avons foi dans les forces mystérieuses que la tradition a condensées en
­ nous, et accordons leur valeur aux nobles devises et aux sentiments
,, élevés. L’amour de la patrie sera plus qu'une notion apprise à l’école,
· dont on se taisait entre hommes, et qu’on n’exhibait que durant les.
banquets, ,,à l'heure du St. Marcoaux”. _
‘ Dorénavant, on ne profanera plus nos chants nationaux, comme dans
ä cet exemple, que me conta jadis Hugo Verriest, le grand patriote. Il `
couchait chez un de nos meilleurs écrivains d’expression française, et
à devait se lever de grand matin. Son hóte l'assura qu’il possédait un
S moyen infaillible de tirer de leurs draps, à heure tixe, à force d’ennui, les.
, plus obstinés dormeurs. Le lendemain, dès l’aube, le réveil se mitàcaril-
lonner la Brabançonne, avec une lenteur horripilante. Quand l’air était
t . joué, il le carillonnait encore, et encore, et toujours aussi nonchalamment,
_ jusqu’à rendre, en effet, le lit intenablel . ..
g Qui dorénavant, oserait ridiculiser de la sorte nos chants nationaux,
i maintenant qu’ils sont sacrés par Vhéroïsme de nos soldats et par le;
g martyre de nos ouvriers déportés? L’amour de la patrie est devenu une
réalité pour nous, et plus ne sera besoin de nous l’apprendre dans les.
livres, ni de nous le prêcher à grand renfort de gestes déclamatoires.
i et de périodes ronflantes.
Nous le possédons maintenant comme une force vivant en nous., ,
Nous avons la pleine conscience de notre profond attachement, non­
seulement au petit coin de la terre qui s’appelle la Belgique, à nos:
· villes, à nos villages, à nos champs, à nos rivières, à nos bois, mais
i aussi au ciel qui recouvre ces chers aspects de la patrie, à notre activité
rr là­bas, à nos institutions politiques et sociales, à notre manière de penser
et d'agir, à tout ce qui nous fait ce que nous sommes, au passé et à. ­
­ ses gloires, à l'avenir aussi, que tous nous voulons si beau et ou nos:
’ - intérêts communs cimenteront, parmi Vinstabilité des situations européennes,.
Vinébranlable bloc des Flamands et des Wallons, puritiés par l’épreuve~ ll
et unifiés par Vintelligence plus complète des aspirations respectives.
D'avance, je salue cette Belgique renaissante, telle que, baptisée par
les larmes, elle sortira de ces formidables tragédies et entrera, l`àme .
rénovée, dans sa nouvelle histoire.
L Déjà se lève devant mes regards une Belgique ou, sans tarder, chacun »
porte la cognée aux abus politiques et aux injustices sociales; ou l’esprit g
” de tolérance et de conciliation résout les inévitables dissentiments.
· Déjà m’apparait une Belgique dont la force de conservation et de ·
` ’résistance ne consiste plus seulement dans le nombre de ses forteressesc
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