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E .
W, 18 =..
q dant à la comparaison, malgré les inégalités qui déparent i
‘ encore assez souvent ses productions, que son application
dans les derniers temps a été considérable et que peut­être ï
le hasard lui a fait rencontrer une occasion d’enseignement
assidu. _
L’espèce de vers ou il excelle est celui de la haute i
comédie, qui est en même temps celui de la haute satire.
Il est franc, net, sain, et parfois on serait tenté de lui de-
mander, comme Boileau le faisait a Molière, ou donc il
trouve la rime. Il nous semble qu’en cette forme son bon
sens appliqué aux choses sociales et politiques s’exprime
avec le plus d’aisance et de clarté. Son chef­d’oeuvre si
mordant d’ironie, a propos des boucheries dans le Valais,
excitées par les prêtres, justiüerait sans doute 110tre opinion.
Mais plutót nous prierons le lecteur de nous permettre une
autre citation, qui sera la dernière. _ __ _ "
Riches, vous qui trouvez mes paroles amères, i
Qui condamnez les plcurs que je donne aux misères, i
Si vous eussiez marché nu-pieds sur les chardons, A
Si l’épine vingt fois eüt percé vos talons, {
Si vous eussiez cherché pendant douze décemhres
Les bois morts dans les bois pour réchauiïer vos membres,
Si sous le poids des ans, du travail, des douleurs, Z .
Votre mère eüt trainé des jours suivis de pleurs; , d
Oh! si vous eussiez vu ses transes maternelles, t.
Pendant les jours de froid, dans les heures cruelles, E
Ou ses petits enfants lui disaient: ,,j’ai bien faim!<< `
Et qu’elle répondait: ,,attendez it demain!‘< ‘ ii
Si vous eussiez passé, rien qu’une de ces veilles, Q
Dans un grenier sans bois, la bise at vos o1·eilles, «
i Ou las de s’accroupir sur deux tisons volés, _
On s’end0rt Ie coeur triste et les. membres gelés; _
t Cela vous suftirait pour pardonner (zt) ma `lyre,
i Et pour prendre avec moi le fouet de la. satire! '"
i Telle fut mon enfance, et je n’ai pas tout dit.