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i fureur `clévastatrice de l’ennemi impuissant à en i
. forcer l’accès.
á Mais, messieurs, en dépit de tant de dévastations ä
` l que nous constatons et que nous pleurons, puisque la
l Société des Coniérences a institué cette année deux ·
l séries << les Villes martyres >> d’un cöté et les << Espé-
F rances franeaises >> de l’autre, il faut relier les mar-
I tyres et les espérances.
l Agrippa cl’Aubigné l’a magniüquement dit : .
i Les cendres des martyrs sont précieuses graines _ I
Qui, après des hivers noirs d’orage et de pleurs, lil
V Ouvreiit au doux printemps, d’un million de fleurs `zf
· Le baume salutaire er sont nouvelles plantes . C
Au milieu des parvis de Sion fleurissantes. l
i Eli bien! oui, tout en combattant, tout en consa-
E crant toutes les énergies de nos coeurs et de nos
volontés à la lutte nécessaire, si longue soit-elle, tant Q
Ii, que nous n’aurons pas la victoire, accordons-nous g
‘ i ën tout de même de penser quelquefois la France tf
« q nouvelle qui surgira de la tragique épreuve, de tant g`
i de sacriüces offerts, consentis, acceptés, et à l’art qui
V ‘ manifestera son idéal devant le monde attentifa i •ï
· Certes il serait vain et présomptueux de vouloir le
délinir et le prophétiser aujourd’hui, mais je voudrais ’
que chaque artiste y pensàt au plus intime de sa E
conscience; je voudrais, qu’épurant ses meilleurs lp
désirs, chacun prït la résolution d’en faire passer fi
dans ses oeuvres futures tout le trésor mystérieux. Et nl
s’ils se sentent inférieurs à. un si beau rêve, si, dans
une bienfaisante humilité ils doutent d’cux-mêmes,
qu’ils pensent aux maïtres francais, à ces maitres
dont nous ne savons pas le nom et qui nous ont I
laissé les oeuvres qui sont devant le monde l’honneur, g
· la parure et la gloire de notre France. Ils y trou- i
veront discrètement et efficacement enseignée toute
l la plus haute morale de l’art : subordination de la
I ' vanité et de l’orgueil à l’oeuvre commune, a l’ensemble L
E vivant; joie du travail dans le métier bien su, loyale- ,
ä ment appris et fidèlement nratiqué; bon sens uni à pl
l . il
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