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: . prêtres, vieillards, femmes, enfants, tout leïir a été i _
matière à intimidation par le carnage. et le moyen de Y ‘
ä ‘ terreur. Les monuments s’offraient comme otages bé- .
é névoles ; ils ont voulu frapper en eux, mutiler en A
2 eux, le visage même de notre Patrie. Ah ! Messieurs, ,
g quelle leçon ! Nous tous qui, par libre choix, avons I
§ voué notre vie à l’étude de nos vieilles picrres, nous
ä savions, certes, mais nous ne savions pas assez qu’ellcs Q E
Q ne sont pas, quoi qu’on ait pu dire, l’objet d’une ‘
délectation égoïste, d’une manie inoffensive; elles
T sont restées les témoins fidèles, les vraies conlidentes _?
j de l’àme nationale à toutes les grandes époques créa- ` lv
li trices de notre histoire. Aussi bien que dans nos {J,
g paysages, nos Vallées, nos rivières et notre ciel, nous _ , "
* retrouvons en elles la ressemblance, le signalement l W
g moral de notre France. Et ceux même qui, mal éclai- _l
rés encore, trop oublieux ou aveuglés par quelques
p préjugés, res­taient indifférents à leur grave et tendre _
appel,. ont tout à coup compris. Ils ont frémi à la "·~i'·
nouvelle de l’attentat comme si, devant cux, on atta-
quait leur mère. A ‘
al Aussi, malgré les objections et les hésitations inti­ _
mes que j’avais tant de raisons d’éprouver, il m’a {
g semblé que je devais répondre à l’invitation de la
‘ ` Société des Conférences qui me demandait de vous ` .. l,
Q ’ parler aujourd’hui de quelques-uns de nos monu-
[ , i` ments martyrisés. Il m’a semblé qu’à l’heure présente, ~ Ki
c’est notre devoir à nous qui avons l’humiliation ‘ [
5 d’être les non­combattants, de ne rien négliger de ce _ i ( ‘·
l qui peut, en rendant plus vivace et plus conscient au 2
A fond des coeurs l’amour de la patrie insultée et vio­ · E
‘ ' lentée, rendre aussi plus efücace la volonté de la "
, @5 défendre jusqu’à la mort... En, contemplant les plus Q
f belles oeuvrcs du génie national, en analysant leurs ik
, beautés propres et spéciüquement françaises, rendons gi i=
plus évidentes à l’esprit et au coeur quelques-unes des · · fl
raisons que nous avons d’aimer la terre qui les porta ll
i et le peuple qui les créa. Vous-mêmes qui m’écoutez, ä
vous n’êtes pas venus en 'zliletiarzlcs et en curieux ;
nous sommes ici entre Français pour communier dans '
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